| Grâce
à un dispositif qui a fait ses preuves |
|
Nous sommes
la seule région de France à avoir élaboré
un dispositif « chantiers extérieurs justice »
aussi performant. Que ce soit aux travers des partenariats financiers
mis en place entre les instances régionales et nationales,
ou bien sur la base des accords établis entre les institutions
judiciaires et pénitentiaires, ou encore l’articulation
des collaborations mise en place entre les juges d’application
des peines, les SPIP* et les associations, chaque acteur de
ce dispositif a participé à son succès.
Au-delà de ce satisfecit, nous avons choisi de rencontrer
les travailleurs sociaux et les détenus, premiers bénéficiaires
du dispositif. Ils s’appellent Olivier, Marc ou Laetitia,
ils sont en fin de peine ou viennent tout juste de décrocher
leur CDI et ils nous font partager leur vécu, souvent
douloureux mais toujours porteur d’espoir.
Certains trouveront qu’on en fait trop pour ces gens qui
ont fauté et trop peu pour les victimes, d’autres,
a contrario pesteront contre ce système pénitentiaire
qu’ils jugent anachronique et indigne d’une nation
inspiratrice des droits de l’homme.
Nous préférons laisser ce débat aux politiques
et nous contenter de nous en tenir à ce que l’on
sait faire : agir pour que des hommes et des femmes, une fois
leur dette payée à la société, trouvent
le chemin de l’intégration et échappe à
l’engrenage de la récidive.
* SPIP : Service Pénitentiaire
d’Insertion et de Probation |
Avec plus de 24 000 ha de
forêt partis en fumée, et une dizaine de victimes
dont trois pompiers, 2003 fut une année tragique
en région PACA.
Dans le Massif des Maures, les flammes se sont propagées
sur environ 16 kilomètres en l’espace de quatre
heures, avec des pointes à 6 km/h… Un enfer
qui reste marqué au fer rouge dans les mémoires.
|
 |
Face
à un tel drame, Michaël JANAS à l’époque
juge d’application des peines au Tribunal de Grande
Instance de Draguignan décida de lancer avec Joël
CANAPA, Vice –Président de Région,
et Pierre Yves COLOMBAT (actuel sénateur du Var)
les
« chantiers extérieurs justice ». Cinq
ans plus tard, ce spectacle de désolation hante
encore Bernard CHILINI, le maire de Figanières,
qui déclare : « à mon âge, la
seule chose qui me donne encore des sueurs froides, c’est
la peur du feu », alors qu’il visite en octobre
2008 un chantier de débroussaillage sur sa commune.
| |
des
centaines d’hectares de débroussaillage |
Il a donc fallu le bon sens et la
volonté de ce juge, relayés aujourd’hui
par Marie-Agnès Bina (JAP* et vice-présidente
de l’application des peines), et Virginie GARCIA
(JAP*), pour qu’un jour un maire doive la qualité
de son sommeil à des condamnés de droit
commun. Cette gageure a été rendue possible
grâce à la détermination du Conseil
régional et de son Vice-Président, Joël
CANAPA, sans compter l’appui des instances administratives
et judiciaires ( Prévention et Détention)
appuyées sur une étroite collaboration avec
l’association
|
SENDRA. La mise en place d’un dispositif
« chantiers justice » repose sur une problématique
mettant en oeuvre des responsabilités et des moyens
délicats à coordonner quand il s’agit
de faire travailler en extérieur des personnes destinées
à ne pas l’être. Autrement dit, sans
l’implication et le courage d’un Jacques Paris
(directeur de la prison de Draguignan), sans l’humanisme
d’une Marie-Agnès Bina et d’une Virginie
GARCIA, sans l’opiniâtreté et la connaissance
des arcanes administratives d’un Jean-Pierre Zabiégo
(DDSPIP), ou encore l’investissement sans réserve
des travailleurs sociaux du SPIP de Draguignan, sans la
compétence et l’implication d’un Patrick
Hanne (responsable des chantiers de SENDRA) et enfin sans
le courage politique de nos élus de la Région,
des communes du département,… tout cela ne
serait à ce jour qu’un voeu pieux, un estimable
projet comme il en existe tant dans les cartons de nos institutions.
Grâce à cette mobilisation commune, l’association
SENDRA, depuis décembre 2003, a pu porter 47 Chantiers
Extérieurs Justice, ce qui représente plusieurs
centaines d’hectares de débroussaillage.
*
JAP : Juge d’Application
des peines |
Une
version républicaine et laïque de
la rédemption |
 |
Dans
le cadre d’un chantier extérieur
justice, le détenu est contractuellement
considéré comme un salarié
de droit commun. Son CDD, établi sur
la base du SMIC, lui donne les mêmes droits
qu’un travailleur lambda. On entend déjà
d’ici les voix discordantes de certains
grincheux atrabilaires outrés par ce
traitement trop « normal » à
leur goût. Alors que ces personnes se
rassurent, car le bénéficiaire
ne percevra pas la totalité de son salaire,
puisque dans le cadre de l’accord cadre
passé avec l’administration pénitentiaire,
le condamné est tenu d’indemniser
sa (ou ses) victime(s), la somme pouvant atteindre
plus de 50% de sa paie. D’autre part,
un pourcentage de son salaire, est aussi prélevé
à la source pour lui permettre de constituer
un pécule libérable, qu’il
retrouve à la fin de sa détention
(épargne qui évite la «
sortie sèche » et limite les risques
de récidive).
Mais la réinsertion est un cheminement
complexe qui passe par bien des étapes,
à commencer par le regard des autres.
Dans le cadre des chantiers de |
débroussaillage,
le condamné se retrouve à remplir
une tâche éminemment citoyenne
en ce qu’elle est non seulement utile
à la collectivité mais aussi et
surtout potentiellement de nature à sauver
des vies humaines.
| |
L’indemnisation
des victimes |
Alors, lorsqu’un
condamné se retrouve avec une débroussailleuse
en mains, face à un maire venu justement
serrer cette main en soulignant la difficulté
de sa tâche, c’est un pas de plus
franchi vers la réinsertion. Lorsque
qu’un riverain, vient lui apporter un
plat chaud pour le remercier de préserver
sa maison, c’est encore un grand pas franchi
sur ce chemin caillouteux de la rédemption.
C’est sans doute pour cela que la récidive
de ces volontaires est de moitié inférieure
à la statistique moyenne, comme l’illustre
si bien Gérard :
« J’ai 27 ans, 3 incarcérations,
pas de formation, si l’on m’avait
donné cette chance plus tôt, je
ne pense pas que je serai encore là aujourd’hui
». |
 |
|
|
|
| Un
encadrement et un suivi
structurants |
| Chaque équipe
est constituée sur le principe de la
mixité, mettant en collaboration des
détenus et des intérimaires. |
|
|
Mais
le débroussaillage, aussi utile soit-il n’est
évidemment pas une fin en soi en ce sens qu’il
ne répond pas à lui seul à la
problématique de l’insertion. C’est
pourquoi l’association SENDRA s’est évertuée
à diversifier l’offre de chantiers en
proposant à des maires des interventions sur
leur patrimoine bâti, ou en amorçant
une féminisation des métiers au travers
de propositions de postes dans le tertiaire, ou encore
en ouvrant des collaborations avec des entreprises
de la région. Ces chantiers permettent à
SENDRA de diversifier les formations et les corps
de métiers proposés aux Prisonniers.
| |
Une
diversification des métiers pour une
meilleure insertion |
Mais tout cela ne saurait suffire
sans la mise en place, en parallèle, de deux
ateliers de recherche d’emploi et de redynamisation.
Ce dispositif permet, à travers un accompagnement
personnalisé, de combler les lacunes des candidats
à l’insertion.
Ainsi apprennent-ils, dans les locaux de l’association,
et avec l’aide d’intervenants extérieurs
professionnels, à dresser un bilan professionnel,
à utiliser les outils informatiques, à
améliorer leur présentation, à
rédiger une lettre de motivation,
à préparer une intervention orale, …
Bref, à se réapproprier ces codes, indispensables
pour qui veut convaincre un employeur potentiel. Cette
remise à niveau est une épreuve
difficile pour ces hommes et ces quelques femmes qui
affrontent là une remise en question profonde
et radicale de leur image et de leurs acquis. |
|
|
| |
| |
Historique
du dispositif
« chantiers justice
» |
|
2006
: + de 18000 heures travaillées, 23
détenus, 10 chantiers, 73% de retour à
l’emploi à l’issue de la libération
2007 : + de 31000 heures travaillées,
63 détenus (pour 152 rencontrés au Centre
Pénitentiaire), 15 chantiers, 70% de retour
à l’emploi à l’issue de
la libération
2008 : + de 35000 heures travaillées,
53 détenus (pour 160 rencontrés au CP),15
chantiers, 85% de réinsertion
2009 : 54340 heures travaillées,
59 détenus en chantier (pour 205 rencontrés
au CP)
18 chantiers. |
| |
Chantiers
justice en
quelques chiffres |
|
Les
chantiers justice relèvent d’un partenariat
entre les services pénitentiaires de l’Etat
et le Conseil régional Provence – Alpes
Côte d’Azur. Ce partenariat permet de
mobiliser des moyens importants en faveur de la réalisation
de ces chantiers extérieurs. Cependant pour
financer un tel dispositif concernant l’insertion
d’une soixantaine de prisonniers, il a fallu
aussi l’implication des autres collectivités
locales.
Voici les quatre principales sources, pour obtenir
un budget annuel d’environ 600.000 euros
Conseil Régional (24%) - Etat (SPIP + contrats
aidés + Préfecture = 26%) - Communes
(24%) - Aides privées (2%)
Somme toute un assez bon investissement, au regard
des résultats en matière de «
non récidive » et compte-tenu du coût
d’un emprisonnement et des drames humains annexes
non mesurables. |
| |
Les
chantiers justice
« victimes
de leur succès » |
|
| Le
nombre de détenus qui souhaitent intégrer
le dispositif est en croissance forte pour la prison
de Draguignan. La liste des mairies désireuses
d’accueillir les chantiers est également
en croissance forte. Avec ses partenaires financiers,
habituels (Conseil Général, Etat, Conseil
Régional, SPIP) SENDRA développe ces
chantiers. Pour l’année 2009, nous proposons
40 postes en chantiers extérieurs justice,
pour 18 chantiers « forêt » ou «bâti
» répartis sur 9 communes du centre var
(les Arcs, Bargemon, Callas, Cotignac, Figanières,
le Muy, la Motte, Lorgues, Trans). Avec le dispositif
"entrées/sorties", c’est une
centaine de détenus qui devrait pouvoir bénéficier
de ces mesures. |
|
 |
|
Intégrer
un chantier de réinsertion :
Un acte volontaire et motivé |
 |
La
décision d’un prisonnier de participer à
un chantier extérieur de justice doit relever d’un
choix personnel, sur la base du volontariat.
Le condamné incarcéré doit remettre
sa demande écrite aux travailleurs sociaux du Service
de probation et d’Insertion Pénitentiaire,
voire au greffe de l’établissement qui la fait
parvenir au juge d’application des peines (JAP). Une
fois cette démarche effectuée, le personnel
d’insertion et de probation ou le greffe, vérifie
la faisabilité de la mesure, et sollicite l’association
SENDRA au vu d’un entretien préalable à
l’embauche qui permet d’orienter, mesurer la
volonté de réinsertion, et bien sûr
évaluer leurs motivations et leurs adéquations
|
techniques
aux postes proposés. Bien évidemment, lors
d’un débat contradictoire, le JAP, au vu de
cette initiative, prend en compte la nature et la motivation
du candidat ainsi que sa personnalité et son comportement
en détention.
Les conditions de cette intégration en chantier extérieur
sont définies par le JAP qui en fixe les obligations
et les interdictions.
D’ailleurs, dans le souci du respect de cet engagement
contractuel entre le condamné et le JAP, un suivi
du respect de ces obligations est assuré par les
travailleurs sociaux tout au long de la mesure et rendent
compte de ses observations au JAP (Juge d’Application
des Peines). |
|
|
| |
 |
Pierre-Yves
Collombat
Sénateur du
Var
Conseiller général
du canton de Callas
2ème adjoint au maire
de Figanières
"Ce
dispositif ne présente que des
avantages"
Lire
l'interview >>> |
|
Joël
Canapa
(Groupe Communistes
et Partenaires). Vice-Président
du Conseil Régional délégué
à la solidarité, à
la prévention et à la sécurité.
Conseiller municipal de La Garde |
|
"Le
vrai danger... c’est la réforme
des collectivités territoriales"
Lire
l'interview >>>
|
|
| |
Ghislaine
Planchais
Directrice API
Provence Ste Maxime 140 personnes
|
|
"Ils
nous ont impressionnés !"
Lire
l'interview >>>
|
|
|
| |
Jean-Pierre
Lamoureux :
peintre
malgré lui
Jusqu’à ses 57 ans, Jean-Pierre
Lamoureux savait déjà faire pas
mal de choses de ses dix doigts. Plomberie,
maçonnerie, toiture,...
Lire
la suite >>> |
|
|
Dracénie
Solidarités
L’espace « accueil »
des familles de détenus de la prison
de Draguignan a fêté en novembre
dernier ses deux ans d’existence. Porté
par un soutien constant et un dialogue étroit
mené avec l’administration pénitentiaire
via son directeur, Jacques Paris et son adjointe
Magali Colombi, ce projet d’aménagement
de « l’espace accueil » des
familles des détenus en visite au parloir
a été transfiguré.
Lire
la suite >>> |
|
| Pauline, coordinatrice et
animatrice chez Dracénie Solidarités,
à l’espace accueil de la prison de Draguignan |
ALEAS
Depuis plus de 10 ans, Mylène,
conseillère conjugale et familiale spécialisée
dans la prévention contre les addictions,
arpente les couloirs de la prison de Draguignan.
Elle y organise des groupes de paroles. Elle
nous reçoit dans ses nouveaux locaux
du 17 de la rue de Trans.
Lire
la suite >>> |
|
| Mylène Baudry fondatrice
de ALEAS |
|
 |
Marc
E.
C’est suite à une demande
de « transfèrement »
que Marc a quitté son île
natale (La Réunion) pour la prison
de Draguignan où il entame ses
derniers mois de détention après
un total de plus de six années
de détention. |
|
Il n’y a pas
de haine ou de rancoeur chez cet homme de 35
ans, juste un sentiment de gâchis qu’il
positive au travers de cette belle énergie
qu’il met à se reconstruire. Alors
quand on lui demande ce que la prison a changé
en lui il répond : « je suis devenu
moins égoïste, plus solidaire et
à l’écoute des autres ».
Ce n’est pas qu’une formule dans
la bouche de cet homme qui consacre beaucoup
de son temps, désormais, à soutenir
ceux qui, comme lui, passent par la case prison.
Bénéficiant d’un régime
de semi-liberté, Marc loue désormais
un appartement où il les reçoit,
comme le ferait un grand frère. D’abord
intégré à une équipe
de débroussaillage, il a ensuite obtenu,
par l’intermédiaire de SENDRA,
un poste au centre de tri de la société
Pizzorno. Un travail à la chaîne,
réputé pénible, mais où
il trouve le réconfort d’une insertion
réussie et surtout reconnue comme telle,
au sein d’une équipe à laquelle
il apporte sa bonne humeur et sa détermination
à honorer la confiance qui lui a été
faite, tant par le juge d’application
des peines que le SPIP ou encore SENDRA.
Aujourd’hui Marc peut pointer son regard
vers l’avenir. Le temps est enfin venu
pour lui d’avoir des projets, comme celui
de trouver enfin la compagne qui partagera sa
nouvelle vie, mais aussi ce voyage à
La Réunion qu’il aimerait faire
au mois de mai prochain. Retrouver sa filleule
et ses proches serait le plus beau cadeau d’anniversaire
qu’il puisse se faire. |
|
 |
Olivier
E.
Huit ans de prison... Quand la sentence
est tombée « c’est
comme si la montagne m’était
tombée sur la tête ».
La vie d’Olivier bascule ainsi en
2004 du mauvais côté du mur
de la prison quelque part en Polynésie
française. |
|
Suite à sa demande
de transfèrement, Olivier intègre
la prison de Draguignan en 2007. C’est
en découvrant une affiche sur les «
chantiers extérieurs justice »
qu’il décide de tenter sa chance.
Son passé de manoeuvre dans une société
de forage et ses 120 kilos de muscles entretenus
par des exercices quotidiens, le prédisposaient
sans doute assez bien à ce travail éreintant…
Enfin, supposé tel, car à l’en
croire : « j’ai aimé ce contact
avec la nature, c’était reposant
pour moi, pas trop dur, non, avec toutes ces
pauses?». Pour qui a un jour vu travailler
ces équipes de débroussaillement,
entendre de tels propos relève de la
pure fiction.
C’est au centre de tri de la société
Pizzorno qu’Olivier tente désormais
d’endiguer sa belle énergie. Ce
travail, il l’exécute avec sérieux
et sans états d’âme, même
s’il continue de passer ses CACES* (grâce
au fonds de formation de SENDRA), et compte
bientôt conduire ces tractopelles et autres
excavatrices qui le fascinent depuis son plus
jeune âge.
Alors pour enfin concrétiser son voeu
le plus cher, à 47 ans, Olivier économise
sou à sou pour se payer son certificat,
avec patience et détermination. Ne doutons
pas un instant qu’il y parvienne un jour.
*CACES
: Certificat d’Aptitude à
la Conduite d’Engins de sécurité. |
|
 |
Laetitia
B.
Lorsque Laetitia arrive, il y a quelques
mois, dans les locaux de SENDRA pour occuper
le poste d’aide comptable, la plupart
d’entre nous ignorons qu’elle
est bénéficiaire d’un
contrat de travail dans le cadre du «
travail extérieur justice ».
Ce n’est pas quelque chose qui,
de coutume, se claironne entre nos murs.
|
|
A peine pouvait-on
le supposer à ce « je ne sais quoi
» dans sa manière d’être
: discrète, réservée, voire
effacée. Dès son arrivée,
elle a travaillé auprès de Valérie
(la directrice générale adjointe
de SENDRA). Le contact fut facile et le courant
est tout de suite passé entre elles.
Ce qui a plu à Laetitia, comme elle le
dit elle-même, c’est le respect
et la confiance que lui a spontanément
témoignée Valérie. D’ailleurs,
quand on demande à Valérie ce
qu’elle pense de Laetitia, la réponse
est nette : « C’est une fille bien
qui ne doit d’être heureuse aujourd’hui
que grâce à son courage et à
la force qui sont en elle… Elle ne me
doit rien, car c’est elle qui a tout fait,
je l’ai juste accompagnée. »
La vie commence à 34 ans…
Au fil du temps le sourire de Laetitia s’est
nacré, son regard est devenu moins sombre
et, si sa discrétion reste de mise, on
sent comme une lente et progressive décrispation…
Après six années de détention
on peut comprendre. Et encore !... C’est
sans compter sur les quinze années de
vie sous la férule d’un homme violent
et pervers qui ont laissé de belles cicatrices.
Quand on demande à Laetitia de se définir
aujourd’hui, elle répond de but
en blanc : « ce que je suis aujourd’hui
Juste une femme amoureuse et une maman de trois
enfants comblée. Pour moi la vie commence
à 34 ans ».
Aujourd’hui, Laetitia a signé son
CDI chez SENDRA. Cela s’appelle une «
sortie positive »... dans le jargon administratif.
Nous on appelle ça une fin heureuse... |
|
|
|
|