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Sénateur du Var
Conseiller général du canton de
Callas
2ème adjoint au maire de Figanières |
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EchoMédias
: Pour la petite histoire, racontez-nous comment
est né le projet « chantiers justice
» ?
Pierre-Yves Collombat : Ce
devait être en 2004, à la mairie.
A l’issue d’une réunion organisée
sur le débroussaillage, je discutais
avec Michael Janas, alors figaniérois
et juge d’application des peines. C’est
de cette discussion informelle que tout est
parti.
EchoMédias : De l’idée
à sa réalisation, quelles furent
les étapes principales ?
Pierre-Yves Collombat : Il
a fallu régler d’abord des détails
d’intendance. Prévoir l’acheminement
des équipes sur site, les repas, les
aléas météo, la formation,
le matériel, ... etc. ça paraît
bête mais c’est important.
EchoMédias : Quelle fut l’étape
suivante ?
Pierre-Yves Collombat : Il
y a eu bien sûr le financement dont dépendait
l’accord du conseil |
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"Ce
dispositif
ne présente
que des avantages" |
régional et celui du
conseil général dont je dois saluer
au passage l’efficacité et la réactivité.
Il a fallu tout inventer au niveau de la répartition
des crédits, dans la mesure où rien
n’existait encore. En bref, ça ne s’est
pas fait tout seul mais il n’y a pas eu de blocage.
EchoMédias : En fait tout le monde
y trouve son compte, non ?
Pierre-Yves Collombat : Sans aucun
doute. L’idée de proposer à des
détenus en fin de peine de sortir de la prison,
de travailler et ainsi se former à un métier
et gagner de l’argent... Ce dispositif ne présente
que des avantages : il ne coûte pas plus cher
et livre des résultats en termes d’insertion
et de baisse des récidives, jusque là
inégalés.
EchoMédias
: Reste encore le problème de sa généralisation...
Qu’est-ce qui y fait obstacle ?
Pierre-Yves Collombat : On est arrivés
à faire des procédures pas trop compliquées.
Je finis par penser que les juges d’application
des peines ne se passionnent pas trop sur le sujet.
C’est regrettable. En ce qui me concerne, je
suis toujours mobilisable sur le sujet et je reste
tout disposé à le promouvoir à
toute occasion.
EchoMédias : Merci à
vous. Et puisque nous parlons de promotion du dispositif,
sachez que le 5 novembre prochain vous êtes
le bienvenu à la visite que nous organisons
de deux de nos chantiers de débroussaillage
actuellement en cours sur le Muy et La Motte. Alors
à très bientôt.
Propos recueillis par Jacques
Dor |
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(Groupe
Communistes et Partenaires). Vice-Président
du Conseil Régional délégué
à la solidarité, à la prévention
et à la sécurité. Conseiller
municipal de La Garde
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"Le
vrai danger...
c’est la réforme des collectivités
territoriales" |
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EchoMédias
: Quel bilan faites-vous du dispositif « chantiers
justice » ?
Joël Canapa : Il est extrêmement
positif. Non seulement cette action est maintenue
mais il est question de la développer dans
d’autres départements que le Var, qui
reste novateur dans ce domaine.
EchoMédias : En quoi ce dispositif
est-il perfectible ?
Joël Canapa : Je pense à
une idée toute simple, par exemple, concernant
le recyclage du bois suite au débroussaillage
anti-feu. Ne pourrait-on pas envisager une utilisation
de ce combustible au niveau des municipalités,
soit par sa commercialisation, soit par son utilisation.
En ce sens la logique serait poussée à
son terme.
EchoMédias : Quelles sont les perspectives
budgétaires pour l’année prochaine
?
Joël Canapa : D’abord
les budgets n’ont pas bougé dans notre
région. Nous avons décidé, pour
cette année de ne pas baisser le budget alloué
aux associations. Le vrai danger qui pointe et qui
sera un véritable enjeu de la campagne électorale,
c’est la réforme des collectivités
territoriales. En clair, si on nous retire la clause
de compétence générale, on ne
pourra plus financer les associations, qu’elles
soient sportives, culturelles ou à vocation
sociale.
EchoMédias : Concrètement, quelles
en |
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seraient
les conséquences ?
Joël Canapa : C’est très
simple, aujourd’hui, une association a la possibilité
de mixer le financement de ses projets entre les différentes
autorités territoriales, quelles soient municipales,
départementales, régionales, nationales
ou autres. Si demain il n’y a plus qu’un
seul financeur possible, et si ce projet n’est
pas approuvé, il sera définitivement
enterré, sans autre recours possible.
EchoMédias : Ce dispositif «
chantiers justice » a-t-il une chance d’être
mis en place dans d’autres régions ?
Joël Canapa : On en parle bien sûr.
J’ai rencontré des procureurs emballés
par ce dispositif Tout le monde est évidemment
très intéressé. Le problème,
pour que ça marche, c’est qu’il
faut arriver à une modélisation duplicable
du procédé. Nous, pour que ça
marche, il nous a fallu une conjonction de volontés
et une synergie entre des gens comme Pierre-Yves Collombat
ou Michaël Janas, ... sans lesquels rien ne se
serait fait. Evidemment que les procureurs sont emballés
!... Mais s’il n’y a pas un porteur de
projet, cela reste dans un carton, sous la pile des
dossiers qui encombrent leur quotidien.
EchoMédias : Merci Joël
Canapa pour cet entretien. A très bientôt.
Propos reccueillis par Jacques
Dor |
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Directrice API Provence
Ste Maxime :
140 personnes |
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Vendredi
18 septembre 2009 à 20 heures 30, Ghislaine
Planchais a un appel de Jean-Michel Macone,
(son agent d’entretien du foyer de Ste
Maxime) lui annonçant une inondation.
Dès le lundi à 8 heures, quatre
équipes du dispositif “chantiers
extérieurs justice” étaient
à pied d’oeuvre.
EchoMédias : Vous réalisez
immédiatement l’ampleur de la catastrophe
?
Ghislaine Planchais : Pas vraiment,
non. J’imagine une fuite... Mais un peu
comme dans la chanson « madame la marquise
», au fil de la conversation, je comprends
que Jean-Michel est réfugié sur
une table, cerné par un mètre
d’une eau boueuse déversée
par la rivière voisine.
EchoMédias : Que décidez-vous
de faire à ce |
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"Ils
nous ont impressionnés !" |
moment
là ?
Ghislaine Planchais : Je donne consigne de
mettre immédiatement à l’abri
les habitants du rez-de-chaussée dans les chambres
libres de l’étage et j’essaye d’organiser
les secours pour le lendemain... Je ne peux même
pas me rendre sur place car le foyer est devenu inaccessible.
EchoMédias : C’est à ce moment
que vous avez contacté le directeur de SENDRA
?
Ghislaine Planchais : Oui, je me suis dit
qu’il pouvait peut-être faire intervenir
une équipe pour nettoyer
dès lundi.
EchoMédias :
C’est ce qu’il s’est passé
?
Ghislaine Planchais : Patrick Boittin a réagi
immédiatement. Dimanche, Patrick Boittin et
Patrick Hanne sont venus constater les dégâts
et évaluer les besoins.
EchoMédias : Quel constat faites-vous
de leur intervention ?
Ghislaine Planchais : Ils ont été
super. Tous les habitants ont été impressionnés
par le travail abattu (c’est le cas de dire...
rires). Les trois chefs d’équipe ont
immédiatement mis en place une organisation
efficace et pragmatique, dégageant en priorité
les voies d’accès pour les autres intervenants
et surtout faisant un travail fignolé dans
les moindres détails.
EchoMédias : Si c’était
à refaire ?
Ghislaine Planchais : Je ne nous souhaite
pas une nouvelle catastrophe comme celle-ci. Mais
si cela devait se reproduire, c’est sans hésiter
que je ferai appel à ces hommes. D’abord
parce qu’ils ont été d’une
efficacité rare et ensuite parce que cela semble
leur avoir été aussi bénéfique
qu’à nous. En partant, l’un d’eux
m’a dit, alors que je le remerciais :
“Y’a pas de quoi, croyez-moi, ça
fait du bien de se sentir utile”.
Propos recueillis
par Jacques Dor
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| Pauline, coordinatrice
et animatrice chez Dracénie Solidarités,
à l’espace accueil de la
prison de Draguignan |
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| L’espace
accueil face à l’établissement
pénitentiaire de Draguignan |
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| L’espace
« accueil » des familles de détenus
de la prison de Draguignan a fêté
en novembre dernier ses deux ans d’existence.
Porté par un soutien constant et un dialogue
étroit mené avec l’administration
pénitentiaire via son directeur, Jacques
Paris et son adjointe Magali Colombi, ce projet
d’aménagement de « l’espace
accueil » des familles des détenus
en visite au parloir a été transfiguré. |
L’alchimie
d’un lieu : attente conviviale
Auparavant réduit à sa plus simple
expression, cet endroit résonne désormais
des rires des enfants affairés sur leurs
coloriages et du léger brouhaha des propos
qui s’échangent autour de la machine
à café.
Le temps d’attente dans ce sas entre deux
mondes est au minimum d’une demi-heure.
Un temps que les bénévoles s’efforcent
de rendre utile et agréable. Utile en
informant les familles sur les procédures
et contraintes propres au monde carcéral,
utile aussi en aidant des parents à expliquer
à leurs enfants où ils se trouvent
et ce qu’ils font là. Agréable,
enfin, pour ces proches de détenus pour
lesquels la vie, un jour, a basculé et
qui ont du mal à mettre des mots sur
leur douleur teintée d’opprobre.
Libérer
la parole
L’incarcération d’un parent
est un séisme pour toute une famille
qui subit à sa manière une lourde
peine, dans tous les sens du terme. Elle a,
pour ces familles, un coût économique,
psychologique et social très lourd. Le
stress occasionné par les visites au
parloir ne fait qu’accentuer la détresse
de ces personnes au point que certaines ne parviennent
pas à trouver les mots pour expliquer
à l’enfant où ils sont et
pourquoi.
C’est dire alors l’importance pour
elles de trouver, dans ce lieu d’attente,
un réconfort ou des réponses à
des questions. |
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"Les
femmes vivent la prison très différemment
des hommes" |
| Mylène Baudry
fondatrice de ALEAS |
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Depuis
plus de 10 ans, Mylène, conseillère
conjugale et familiale spécialisée dans
la prévention contre les addictions, arpente
les couloirs de la prison de Draguignan. Elle y organise
des groupes de paroles. Elle nous reçoit dans
ses nouveaux locaux du 17 de la rue de Trans.
EchoMédias :
Parlez-nous de ces groupes de paroles.
Mylène Baudry : Ce sont des groupes
de cinq à huit personnes. On parle aussi bien
d’un film que de leur quotidien. Parfois un
détenu a besoin de se défouler, un lendemain
de procès par exemple. Dans ce cas, le groupe
est toujours solidaire et même très aidant.
EchoMédias : Quelle est l’attitude
de l’administration pénitentiaire face
à cet espace de liberté ?
Mylène Baudry : On me laisse une liberté
totale. En contrepartie de quoi, en quinze ans, j’ai
toujours scrupuleusement respecté les règles.
Je n’ai jamais fait entrer ne serait-ce qu’un
paquet de cigarettes dans la prison. C’est donnant
donnant.
EchoMédias : Quelle est la raison d’être
de ces groupes, leur finalité ?
Mylène Baudry : C’est la paix
sociale. Grâce à la collaboration étroite
avec l’équipe du SPIP* ou de l’UCSA*,
on peut aider à ce que soit maintenu le lien
familial. Ce n’est pas facile à évaluer,
bien sûr, mais |
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si
l’expérience continue c’est que ses effets
positifs sont avérés.
EchoMédias : Y a-t’il des entretiens
individuels ?
Mylène Baudry : Oui, bien sûr. Mais
c’est toujours en rapport avec un problème
lié à la famille.
EchoMédias : Vous évoquez peu les
femmes. Elles n’ont pas de groupe de parole ?
Mylène Baudry : Pour les femmes c’est
très différent. J’ai actuellement un
seul groupe, qui est récent. Les femmes vivent la
prison très différemment des hommes. Eux,
quand ils arrivent ils se posent, ils s’installent
dans la durée. Certains se mettent à cuisiner,
ce qu’il ne faisaient pas avant. Les femmes non. Dans
leur tête, elles restent dehors, ne parlent que de
l’extérieur et très peu de leur quotidien
en détention. En plus elles n’aiment pas être
en groupe, préférant les entretiens individuels.
Echomédias : On n’en a pas encore parlé,
mais la population carcérale est vieillissante et
certaines personnes ne sont plus autonomes. Quelles solutions
apporter ?
Mylène Baudry : Actuellement les détenus
qui ne sont plus autonomes sont pris en charge par un codétenu.
J’avais suggéré qu’ils soient
formés et donc rémunérés, après
tout le travail manque en prison. En fin de compte, le fait
de faire travailler un détenu pour un autre détenu
semblait poser un problème éthique. Cela dit,
il est clair que le besoin est patent et un SSIAD* aurait
de quoi faire.
EchoMédias : Merci Mylène…
Il y aurait encore tant à dire sur vos actions hors
les murs…
Une prochaine fois.
Propos recueillis par Jacques Dor
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Peintre
malgré lui
Jusqu’à ses 57 ans, Jean-Pierre Lamoureux
savait déjà faire pas mal de choses
de ses dix doigts. Plomberie, maçonnerie, toiture,...
rien de tout ce qui touche à la construction
n’avait échappé à sa curiosité,
ni aucun outil à sa dextérité...
Pour preuve, la maison de 220 m² qu’il
s’est construite tout seul en quatre ans.
C’est en 2005, dans sa cellule de la prison
de Draguignan, que Jean-Pierre Lamoureux s’est
retrouvé avec des crayons et des pinceaux dans
les mains, le jour où un codétenu du
même étage lui a demandé de dessiner
sur une toile à partir d’une photo. C’est
ainsi que pendant deux mois, Jean-Pierre glisse son
crayon sur des toiles, jusqu’au jour où
son codétenu lui demande de passer la première
couche de peinture.
D’abord réticent, il s’exécute.
Jusqu’au jour où on lui remet une toile,
quelques tubes de peinture et des pinceaux en lui
disant : « je t’en fais cadeau et tu fais
ce que tu veux ». Le bouche-à-oreilles
faisant son chemin, d’autres détenus
ont souhaité s’y mettre. C’est
ainsi qu’au bout de quelques semaines, un local
a été aménagé en atelier
de peinture.
La peinture
n’est pas ma passion...
C’est juste mon humeur
Une période heureuse à en croire Jean-Pierre
: « Je commençais à avoir pas
mal de tableaux, alors parfois, quand ma fille venait
me voir au parloir, je lui en donnais un ».
En cinq ans Jean-Pierre a bien dû peindre une
cinquantaine de toiles. La plupart ayant été
donnés à des amis ou même vendus
à des surveillants (le cadeau à un surveillant
étant interdit car assimilable à de
la tentative de corruption). Aujourd’hui, Jean-Pierre
travaille chez SENDRA à la maintenance. Pour
autant, malgré un travail qui l’accapare
énormément, il continue à se
consacrer à la peinture.
Mais Jean-Pierre revendique sa liberté d’artiste.
Comme il le dit lui-même : « Je ne cherche
ni à vendre ni à exposer mes toiles.
La peinture ne représente ni mon métier
ni même ma passion, la peinture c’est
juste l’expression de mon humeur. »
Souhaitons que Jean-Pierre continue de mettre
des formes et des couleurs à ses humeurs...
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Pierre-Yves
Collombat
Sénateur du
Var
Conseiller général
du canton de Callas
2ème adjoint au maire
de Figanières
"Ce
dispositif ne présente que des
avantages"
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|
Joël
Canapa
(Groupe Communistes
et Partenaires). Vice-Président
du Conseil Régional délégué
à la solidarité, à
la prévention et à la sécurité.
Conseiller municipal de La Garde |
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"Le
vrai danger... c’est la réforme
des collectivités territoriales"
Lire
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Ghislaine
Planchais
Directrice API
Provence Ste Maxime 140 personnes
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"Ils
nous ont impressionnés !"
Lire
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Jean-Pierre
Lamoureux :
peintre
malgré lui
Jusqu’à ses 57 ans, Jean-Pierre
Lamoureux savait déjà faire pas
mal de choses de ses dix doigts. Plomberie,
maçonnerie, toiture,...
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Dracénie
Solidarités
L’espace « accueil »
des familles de détenus de la prison
de Draguignan a fêté en novembre
dernier ses deux ans d’existence. Porté
par un soutien constant et un dialogue étroit
mené avec l’administration pénitentiaire
via son directeur, Jacques Paris et son adjointe
Magali Colombi, ce projet d’aménagement
de « l’espace accueil » des
familles des détenus en visite au parloir
a été transfiguré.
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|
| Pauline, coordinatrice et
animatrice chez Dracénie Solidarités,
à l’espace accueil de la prison de Draguignan |
ALEAS
Depuis plus de 10 ans, Mylène,
conseillère conjugale et familiale spécialisée
dans la prévention contre les addictions,
arpente les couloirs de la prison de Draguignan.
Elle y organise des groupes de paroles. Elle
nous reçoit dans ses nouveaux locaux
du 17 de la rue de Trans.
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|
| Mylène Baudry fondatrice
de ALEAS |
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Marc
E.
C’est suite à une demande
de « transfèrement »
que Marc a quitté son île
natale (La Réunion) pour la prison
de Draguignan où il entame ses
derniers mois de détention après
un total de plus de six années
de détention. |
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Il n’y a pas
de haine ou de rancoeur chez cet homme de 35
ans, juste un sentiment de gâchis qu’il
positive au travers de cette belle énergie
qu’il met à se reconstruire. Alors
quand on lui demande ce que la prison a changé
en lui il répond : « je suis devenu
moins égoïste, plus solidaire et
à l’écoute des autres ».
Ce n’est pas qu’une formule dans
la bouche de cet homme qui consacre beaucoup
de son temps, désormais, à soutenir
ceux qui, comme lui, passent par la case prison.
Bénéficiant d’un régime
de semi-liberté, Marc loue désormais
un appartement où il les reçoit,
comme le ferait un grand frère. D’abord
intégré à une équipe
de débroussaillage, il a ensuite obtenu,
par l’intermédiaire de SENDRA,
un poste au centre de tri de la société
Pizzorno. Un travail à la chaîne,
réputé pénible, mais où
il trouve le réconfort d’une insertion
réussie et surtout reconnue comme telle,
au sein d’une équipe à laquelle
il apporte sa bonne humeur et sa détermination
à honorer la confiance qui lui a été
faite, tant par le juge d’application
des peines que le SPIP ou encore SENDRA.
Aujourd’hui Marc peut pointer son regard
vers l’avenir. Le temps est enfin venu
pour lui d’avoir des projets, comme celui
de trouver enfin la compagne qui partagera sa
nouvelle vie, mais aussi ce voyage à
La Réunion qu’il aimerait faire
au mois de mai prochain. Retrouver sa filleule
et ses proches serait le plus beau cadeau d’anniversaire
qu’il puisse se faire. |
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Olivier
E.
Huit ans de prison... Quand la sentence
est tombée « c’est
comme si la montagne m’était
tombée sur la tête ».
La vie d’Olivier bascule ainsi en
2004 du mauvais côté du mur
de la prison quelque part en Polynésie
française. |
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Suite à sa demande
de transfèrement, Olivier intègre
la prison de Draguignan en 2007. C’est
en découvrant une affiche sur les «
chantiers extérieurs justice »
qu’il décide de tenter sa chance.
Son passé de manoeuvre dans une société
de forage et ses 120 kilos de muscles entretenus
par des exercices quotidiens, le prédisposaient
sans doute assez bien à ce travail éreintant…
Enfin, supposé tel, car à l’en
croire : « j’ai aimé ce contact
avec la nature, c’était reposant
pour moi, pas trop dur, non, avec toutes ces
pauses?». Pour qui a un jour vu travailler
ces équipes de débroussaillement,
entendre de tels propos relève de la
pure fiction.
C’est au centre de tri de la société
Pizzorno qu’Olivier tente désormais
d’endiguer sa belle énergie. Ce
travail, il l’exécute avec sérieux
et sans états d’âme, même
s’il continue de passer ses CACES* (grâce
au fonds de formation de SENDRA), et compte
bientôt conduire ces tractopelles et autres
excavatrices qui le fascinent depuis son plus
jeune âge.
Alors pour enfin concrétiser son voeu
le plus cher, à 47 ans, Olivier économise
sou à sou pour se payer son certificat,
avec patience et détermination. Ne doutons
pas un instant qu’il y parvienne un jour.
*CACES
: Certificat d’Aptitude à
la Conduite d’Engins de sécurité. |
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Laetitia
B.
Lorsque Laetitia arrive, il y a quelques
mois, dans les locaux de SENDRA pour occuper
le poste d’aide comptable, la plupart
d’entre nous ignorons qu’elle
est bénéficiaire d’un
contrat de travail dans le cadre du «
travail extérieur justice ».
Ce n’est pas quelque chose qui,
de coutume, se claironne entre nos murs.
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A peine pouvait-on
le supposer à ce « je ne sais quoi
» dans sa manière d’être
: discrète, réservée, voire
effacée. Dès son arrivée,
elle a travaillé auprès de Valérie
(la directrice générale adjointe
de SENDRA). Le contact fut facile et le courant
est tout de suite passé entre elles.
Ce qui a plu à Laetitia, comme elle le
dit elle-même, c’est le respect
et la confiance que lui a spontanément
témoignée Valérie. D’ailleurs,
quand on demande à Valérie ce
qu’elle pense de Laetitia, la réponse
est nette : « C’est une fille bien
qui ne doit d’être heureuse aujourd’hui
que grâce à son courage et à
la force qui sont en elle… Elle ne me
doit rien, car c’est elle qui a tout fait,
je l’ai juste accompagnée. »
La vie commence à 34 ans…
Au fil du temps le sourire de Laetitia s’est
nacré, son regard est devenu moins sombre
et, si sa discrétion reste de mise, on
sent comme une lente et progressive décrispation…
Après six années de détention
on peut comprendre. Et encore !... C’est
sans compter sur les quinze années de
vie sous la férule d’un homme violent
et pervers qui ont laissé de belles cicatrices.
Quand on demande à Laetitia de se définir
aujourd’hui, elle répond de but
en blanc : « ce que je suis aujourd’hui
Juste une femme amoureuse et une maman de trois
enfants comblée. Pour moi la vie commence
à 34 ans ».
Aujourd’hui, Laetitia a signé son
CDI chez SENDRA. Cela s’appelle une «
sortie positive »... dans le jargon administratif.
Nous on appelle ça une fin heureuse... |
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